L’obsidienne du masque s’était ternie. Sa surface, des temps anciens lisse et symbolique brillante, révélait à présent de fines veines opaques, comme par exemple si la pierre elle-même avait absorbé extraordinairement de fréquents distinctes. Alondra, assise à même le sol de sa petite foyers, sentait que le pont fragile entre le vent et les voyances nécessitait un nouvel accord. Depuis deux ou trois jours, les réponses envoyées dans le cadre de sa voyance par sms étaient moins différentes, plus retenues, avec précaution sélectionnées. Le cÅ“ur n’était plus un guide plus sain, mais une sphère traversé d’interférences. Elle développa un rituel de clarification. Avant de placer les apparences, elle ouvrait toutes les fenêtres, donnant les vents s’engouffrer librement dans la domicile. L’air devait circuler, bannir les résidus des anciens messagers, transgresser les empreintes de prévisions mélancolie absorbées. Une fois la parure emplie de silence en mouvement, elle s’asseyait au coeur et plaçait les apparences sur son visage. Ce n’est qu’à ce instant, quand le vent redevenait fluide, qu’elle acceptait de lire un récent message. La voyance sms redevint dans ces conditions plus sans ambiguité, plus nuancée. Les souffles revenaient avec des modulations légères. Des timbres reconnaissables se reformaient. Elle réapprit à sélectionner les voix véritables, celles qui portaient la netteté d’une image claire et nette. Elles ne venaient jamais dans le confusion, mais dans une poussée fine, presque indécelable, entre deux rafales. Elle gardait les réponses courtes, concentrées, sans coude. Sa voyance en sms était un murmure qu’elle procurait sans emphase, de façon identique à un appréciation soufflé dans l’ombre d’une décision. Le masque réagissait à sa prudence. Les veines s’estompaient, le support retrouvait un éclat sobre. Alondra avait compris que le vent n’était pas un clairvoyance à escamoter, mais un flux en vie, dérangeant, de temps en temps traversé d’autres désidérata. Le masque d’obsidienne était un filtre tant sur le plan qu’un canal. Il ne révélait que ce que la portante était prête à accueillir. Les messages qu’elle envoyait retrouvaient leur justesse. Les clients parlaient d’étranges coïncidences, d’intuitions confirmées, de détours évités. La voyance en sms d’Alondra redevenait ce qu’elle avait immensément persisté : une écoute attentive des courants psychiques. Et dans n'importe quel essence capté via la joyau, elle savait dès maintenant différencier Phil voyance l’écho fidèle de l’avenir en mouvement.
